Invitée JACP

Marie‑Ange Martin

Guitariste, banjoïste et violoncelliste, entre jazz swing et musiques de scène.

Marie‑Ange Martin

« Dans le monde de la guitare jazz, elle est une des rares représentantes professionnelles de la gent féminine. Côté artistique, c’est un vrai musicien de jazz que l’on tient là. » — P. Cuillerier

Marie‑Ange Martin découvre, encore adolescente, le jazz manouche en écoutant Mondine Garcia et Niglo Adel à la célèbre Chope des Puces de Saint-Ouen. Plus tard, la rencontre de Barney Kessel lui insuffle l’amour du son électrique de la guitare jazz. Elle se penche sur l’harmonie grâce à Pierre Cullaz, puis enseigne au CIM et s’inscrit au GIT de Los Angeles. Toujours avide de s’amuser, elle joue parallèlement du violoncelle et du banjo dans des orchestres de New Orleans ; elle est aussi guitariste, banjoïste et violoncelliste dans L’Opéra de Quat’sous au Théâtre musical de Paris.

Première rencontre avec le jazz

Cette rencontre a lieu à la Chope des Puces, rue des Rosiers à Saint-Ouen, où elle écoute Mondine et Niglo, puis Jacques Montagne. Parallèlement, Milo Maillard, son premier professeur de guitare, lui fait travailler les valses musette et les standards de jazz.

C’est dans les clubs parisiens — le Caveau de la Huchette, le Slow Club, la Cave du Hot Club de France et le Petit Journal Saint-Michel — qu’elle pratique le jazz traditionnel et le swing. Le saxophoniste Benny Waters l’emmène en tournée pour la première fois au Danemark. Lors du Festival de jazz de San Sebastián, à l’écoute d’un violoncelliste de jazz au sein d’un quartet venu de l’un des pays de l’Est, elle se prend de passion pour cet instrument et décide de l’étudier ; peu de temps après, elle commence le banjo.

Ensuite… 1979 — 1991

Sa rencontre avec le guitariste Pierre Cullaz est le point de départ d’une étude plus approfondie de la guitare. Elle enseigne au CIM, Centre d’information musicale. Après cinq années comme professeure au CIM, elle part un an au GIT, Guitar Institute of Technology de Los Angeles, où elle s’enrichit au contact de Joe Diorio, Howard Roberts, Joe Pass, Tal Farlow, Ron Escheté, Ted Greene, Frank Gambale et Scott Henderson.

À son retour en 1985, le metteur en scène Giorgio Strehler l’engage pour jouer L’Opéra de Quat’sous au Théâtre musical de Paris, au banjo, au violoncelle, à la guitare et à la guitare hawaïenne. Elle a également le plaisir de jouer au banjo la Rhapsody in Blue avec l’Orchestre national de Paris, l’Orchestre de Radio France et l’Orchestre de Lyon, ainsi que la suite symphonique de Porgy and Bess avec l’Orchestre français de jeunes dirigé par Emmanuel Krivine. Le groupe de quatre violoncelles jazz Cello Fans connaît un franc mais bref succès entre 1989 et 1991. En même temps, elle se produit en concerts et en clubs, comme sidewoman ou comme leader.

Et puis… 1993 — 2008

De mars 1993 à novembre 1994, Christian Escoudé l’engage dans le Trio Gitan avec Frédéric Sylvestre, auquel se joint parfois l’accordéoniste Marcel Azzola. Ce groupe part en tournées internationales en Europe de l’Est, en Asie, en Indonésie, en Australie et en Israël.

En 1995, sous la direction de Jean-Louis Chautemps pour le théâtre de Nancy, elle joue de nouveau L’Opéra de Quat’sous. Un quatuor de guitares naît en 1996 sous la direction de Frédéric Sylvestre : après deux années de travail sur des œuvres de Jean-Sébastien Bach, ils enregistrent l’album Transcriptions sous le label Alphée, puis abordent un autre répertoire de valses, musette, jazz et compositions originales.

Son premier album en tant que leader d’un quartet, avec Gérard Meissonnier, Bruno Magnet et Fabien Meissonnier, est Kickstart (2000). Suivent le second album du quatuor de guitares, Valse(s) Caprices (2004), et une autoproduction avec Gérard Siffert en 2006 : At the Jimmy’s Bar.